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Le ROI est mort, vive le ROI?

3:56 Non classé

Une étude de la Warwick s’étonne que peu de DSI  (ou de DAF) mesurent le R O I des opérations d’ousourcing après quelques années de contrat.

Quelle surprise ! Tout le monde sait que le R O I est obligatoire pour lancer un projet un peu important et on l’évalue au mieux  (avec une grosse louche)AVANT . Quant à le mesurer après … c’est une autre affaire. Car il se passe des années avant d’obtenir les bénéfices et entre-temps, tant de paramètres ont évolué  (périmètre, fonctions, technologies, marché, équipes)  que ce calcul relèverait au mieux du doigt mouillé, au pire de la manipulation, voulant prouver,  suivant le climat, que la décision initiale était bonne ou mauvaise .

Le R O I est aussi adapté à mesurer la performance informatique qu’une chaîne d’arpenteur pour la taille des molécules !

Mais reste la dictature du coût, imposée par nos financiers néo-pythagoriciens et leur outil favori : le tableur . Alors, comme pour toute doxa, on fait semblant d’y croire.. mais personne n’est dupe : la vraie valeur d’un projet informatique se trouve dans l’évolution organisationnelle de l’entreprise, pas dans les coûts de la DSI !

Pour en revenir à l’outsourcing j’ai ma propre liste de critères :

1 Existe-t-il un vrai marché pour cette prestation  (au moins trois fournisseurs crédibles ..et une réelle possibilité de changer en cas de soucis..)?

2 Est-ce une activité sans valeur ajoutée forte ?

3 Est-ce ou non une compétence-clé de l’entreprise?

4 Est-ce à coûts à peu près identiques au départ?

Bien sûr le critère majeur est le premier : outsourcer n’a de sens que si l’on espère trouver chez les fournisseurs un professionnalisme plus grand que ce que l’on a en interne …et la possibilité de mise en concurrence régulière assurera un différentiel favorable des coûts.

..et franchement, en 15 ans d’exercice je n’ai pas eu à me plaindre ..mais je n’ai jamais eu le culot d’ exhiber un ROI après 3 ou 5 ans!

One Response

  1. olm Says:

    - Juste pour exciter le mathématicien qui sommeille :
    “La relativité a éliminé l’illusion Newtonienne d’un espace et d’un temps absolu; la théorie quantique a supprimé le rêve d’un processus de mesure contrôlable. Le chaos élimine l’utopie Laplacienne d’une prédicabilité déterministe” (in La Théorie du Chaos – Citations de James Gleick).
    Bonne nuit, le ROI prévisionnel informatique…

    Et si on prolongeait cette réflexion par : “Le CIO est mort, vive le CPO ???”

    - Une remarque : pourquoi les entreprises s’évertuent-elles donc à châtrer leur DSI (aïe !) en les positionnant en majorité sous leur DAF ?
    Ou alors, il faudrait changer la formation (la culture ?) des DAFs pour leur permette de mieux appréhender la contribution potentielle des investissements liés aux SI.
    Bad luck, les DAFs deviennent plutôt des spécialistes de sciences aussi occultes (IAS, IFRS, Sarbanes Oaxley…) que ne l’étaient les DOIs au bon temps des mainframes et coax.
    Haro sur les « coûts » informatiques !
    L’arme du ROI, ou le pouvoir de dire NON !

    - Dès lors, le DSI doit être bien intrépide pour se lancer dans un investissement lourd. D’autant qu’il se retrouve facilement juge et partie… ou parti !?
    Le DSI n’a que deux options : jouer du « blurred management » s’il veut durer (je connais au moins un génie de l’esquive), ou changer de boutique avant l’heure des comptes… (ça s’est vu aussi !).

    - Faire la part entre les « bons CIOs » et les autres… c’est presque aussi hardu que de calculer un ROI informatique. Et c’est probablement le même sujet…

    - L’avenir n’est-il pas alors aux CPOs (Chief Performance Officers, pas les Chief Prison Officer, même si ça débarque d’outre-atlantique) ?
    Comme dans le très sérieux « Objectif Zéro-sale-con » de Robert Sutton (Stanford), dont au moins les 2 premières pages ( !) sont savoureuses, il y a dans toutes les grandes organisations du monde de bons professionnels pour chasser le client, pour produire, d’excellents scientifiques pour innover etc…
    Mais pour se poser les bonnes questions qui traversent (ou “transversent” les certitudes de ces professionnels, bernique. !

    - D’où la relance de 10 : n’y a-t-il pas la place pour des professionnels suffisamment routards et observateurs, censés prendre de la hauteur sur le fonctionnement des entreprises devenues des monstres de complexité et chasser les gisements de performance (simplification des processus, intégration, évolution des métiers et compétences…) à coup de leviers… dont l‘informatique ?
    Des CPOs, quoi…

    Après les ROI des CIOs, les POC des CPOs ?
    J’sais pas, je cherche.
    Allez, merci pour tout et à bientôt sur cpo-online ?

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