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Mithridate informaticien?

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A l’issue de l’AG, un ancien mais toujours vivace analyste de notre communauté me fit remarquer que l’on ne parlait plus ou plus beaucoup de la qualité des logiciels fournis par nos chers éditeurs, sujet qui était il y a quelques années à l’ordre du jour de toutes les rencontres entre DSI .

La première explication est bien sûr que cette qualité a fait un bond phénoménal et que les nouvelles versions nous arrivent propres , immaculées , san reproche . Tous ceux qui ont expérimenté un tant soit peu les montées de versions majeures récentes ne peuvent que souscrire ..Bon, je plaisante , et la situation n’est , au mieux, pas meilleure .

La véritable raison est que tout le  monde s’est habitué à la médiocrité . La qualité déplorable du logiciel est vécue comme un mal nécessaire , une fatalité devant laquelle nous sommes impuissants .

Et nous avons mis en place les pauvres palliatifs qui nous permettent de survivre : hot-lines, niveaux de résoluion, groupes de maintenance applicative.. et les budgets correspondants qui , surtout en cette période de vaches maigres , bouffent les investissements si nécessaires pour relancer l’innovation.

Curieux, dans un monde où tout industriel doit passer un nombre invraisemblable de tests et de certifications avant de lancer le moindre produit sur le marché (aliementaire, automobile, aéronautique, pharmacie..) que personne ne demande rien à l’industrie logicielle et que déboulent sur le marché des machins pleins de défauts, d’erreurs ..qui peuvent mettre en péril la vie de nos entreprises.

Bien sûr, on nous rétorquera que le client a la responsabilité de ses choix et que si ça ne lui plait pas  il peut aller voir ailleurs .

Sauf que bien souvent le choix n’en est pas un ( changer d’ERP, st-ce un choix envisageable pour une grande entreprise?) et que , encore une fois, des tomates aux avions, les autorités de régulation ne laissent pas le choix au client d’acheter des produits ne respectant pas les normes ..

On peut rêver … d’un Office du Logiciel qui ne délivrerait d’autorisation de mise sur le marché qu’après un contrôle qualité drastique … finis les bugs, éradiqués les coûts de maintenance ,place à une informatique 100% fiable ..on peut rêver

En attendant jour après jour nous continuons à boire le poison de la mauvaise qualité, de l’approximation, de la position peu enviable du toujours coupable!

Dans le courant d’une onde pure

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Onde pure …Clearstream… ce bon La Fontaine avait tout vu, à chacun de choisir qui est le loup et qui l’agneau, sans oublier le “si ce n’est toi c’est donc ton frère”.

Cette affaire nous intéresse nous, informaticiens car à la base il y a ce fameux listing ( en réalité une feuille Excel ) falsifié .Personne n’y aurait cru si la liste avait été manuscrite, mais là ça sort d’un ordinateur donc c’est à priori vrai..

Fabuleux exemple du mensonge le plus répandu en ce siècle : le mensonge par tableur, si crédible, si sérieux.. On peut en rire mais, franchement, dans nos belles entreprises, sommes-nous à l’abri ? Combien de décisions prises sur la foi d’une belle présentation powerpoint intégrant de splendides feuilles de calcul sans remettre en doute les chiffres sortis pour l’essentiel du cerveau du directeur financier ou du contrôleur de gestion.

Car si les informations sorties de nos systèmes de gestion sont relativement sécurisées ( audit trail et tout ça) elles sont après manipulées par des procédures ad-hoc sans aucun contrôle ..

Alors faudra-t-il certifier les quelques millers de feuilles Excel qui rendent l’information brute présentable et “belle”? pas simple..mais en attendant nous ne sommes pas à l’abri de petites affaires Clearstream internes …

Et puis, il y a déjà des victimes collatérales de Clearstream : l’informatique ( pas fiable : la preuve..) et les informaticiens, un des personnages étant présenté par la presse comme un informaticien génial.

Vraiment, pour ajouter des lignes sur un tableur, quel génie!

Et si c’est bien l’image que se fait la grande presse de l’informaticien génial, comment nous voient-ils, nous , les pas géniaux ?

Bon, finalement j’ai trouvé qui sont les agneaux (le buveur, ses frères et ses cousins) : c’est nous!

Vous l’avez révé ..quelqu’un l’a fait ou le fera un jour

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Sommeillant plus ou moins devant le journal de Canal+ je suis réveillé par une nouvelle incroyable!

En deux mots , une entreprise sud-africaine de call-centers, ayant besoin d’échanger des fichiers entre ses onze centres et trouvant le réseau trop lent, a trouvé une solution originale et bon marché :

elle attache des clés USB à la patte de pigeons-voyageurs

Comme nous n’étions pas le 1er avril je pense que cette information est exacte et c’est formidable : combien de fois n’avons-nous pas répondu, à nos utilisteurs qui trouvent le réseau trop lent ou trop cher ( ou les deux) : ben il reste la solution des pigeons-voyageurs! Quels visonnaires nous étions !

La morale est qu’il faut se méfier des délires et autres utopies : ça finit toujours par arriver

Maintenant  j’attends la suite 

Le PC qui fait le café, la V2 qui intègre tout ce qui était promisdans la V1,  l’ERP sans bug, la hot-line à la fois compéténte et disponible, le projet à l”heure..

Je suis sûr que quelqu’un va le faire!

Le ROI est mort, vive le ROI?

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Une étude de la Warwick s’étonne que peu de DSI  (ou de DAF) mesurent le R O I des opérations d’ousourcing après quelques années de contrat.

Quelle surprise ! Tout le monde sait que le R O I est obligatoire pour lancer un projet un peu important et on l’évalue au mieux  (avec une grosse louche)AVANT . Quant à le mesurer après … c’est une autre affaire. Car il se passe des années avant d’obtenir les bénéfices et entre-temps, tant de paramètres ont évolué  (périmètre, fonctions, technologies, marché, équipes)  que ce calcul relèverait au mieux du doigt mouillé, au pire de la manipulation, voulant prouver,  suivant le climat, que la décision initiale était bonne ou mauvaise .

Le R O I est aussi adapté à mesurer la performance informatique qu’une chaîne d’arpenteur pour la taille des molécules !

Mais reste la dictature du coût, imposée par nos financiers néo-pythagoriciens et leur outil favori : le tableur . Alors, comme pour toute doxa, on fait semblant d’y croire.. mais personne n’est dupe : la vraie valeur d’un projet informatique se trouve dans l’évolution organisationnelle de l’entreprise, pas dans les coûts de la DSI !

Pour en revenir à l’outsourcing j’ai ma propre liste de critères :

1 Existe-t-il un vrai marché pour cette prestation  (au moins trois fournisseurs crédibles ..et une réelle possibilité de changer en cas de soucis..)?

2 Est-ce une activité sans valeur ajoutée forte ?

3 Est-ce ou non une compétence-clé de l’entreprise?

4 Est-ce à coûts à peu près identiques au départ?

Bien sûr le critère majeur est le premier : outsourcer n’a de sens que si l’on espère trouver chez les fournisseurs un professionnalisme plus grand que ce que l’on a en interne …et la possibilité de mise en concurrence régulière assurera un différentiel favorable des coûts.

..et franchement, en 15 ans d’exercice je n’ai pas eu à me plaindre ..mais je n’ai jamais eu le culot d’ exhiber un ROI après 3 ou 5 ans!

De la mesure avant toute chose…

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Entendu à la radio : les résultats aux tests éducatifs s’améliorent .Bravo!

Sauf qu’en creusant un peu les chercheurs ont découvert que la seule chose qui s’améliorait vraiment était ..la capacité à répondre aux tests, rien de plus.

Et là on tombe sur un phénomène systémique bien connu : les enseignants adaptent leurs cours en fonction de ces tests mais cela ne signifie pas que le niveau global monte .

En réalité ceci n’est qu’une illustration du 32éme théorème de lambert  ( pas de copyright..) :

” Toute organisation apprenante tend à maximiser sa mesure ”

Et comme, grâce à nos superbes systèmes nous arrivons à mesurer à peu près tout, le danger se précise d’arriver à des organisations entièrement focalisées sur leur mesure ….au détriment de tout ce qui n’est pas mesurable, ou que l’on a omis de faire figurer dans les objectifs.

Pour certaines fonctions,  les critères semblent simples  : ventes,  stocks,  rebuts respectivement pour le commerce, la logistique et la production . Mais les pièges sont nombreux : la bonne mesure pour un vendeur est-elle la commande, l’encaissement,  la marge? pour un logisticien est-ce le niveau global des stocks ou les back-orders?

Et pour les DSI ça se complique : une production mesurée sur la disponibilité aura tendance à retarder la réception de nouvelles applications , source bien connue d’emmerdements divers .. un chef de projet mesuré sur coûts et délais passera peut-être un peu vite sur les tests ..

Pas de formule magique,  pas de science révélée : à chacun de mettre en place le meilleur ou le moins mauvais système car s’il faut mesurer  (ce qui ne se mesure pas ne s’améiolre pas)  il faut aussi anticiper les conséquences de cette tendance irréversible à maximiser sa mesure perso !

On demande la diversité à l’accueil

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Beaucoup d’entre nous connaissent la fameuse loi de la diversité ( ou de la variété ) requise de Ross Ashby  mais en tirons-nous les conséquences ?
Pour résumer ( et un peu trahir..) cette loi pose que le système de contrôle d’un système  complexe doit être plus varié ( comporter plus d’états possibles ..) que le système lui-même.
Bon là je suis sûr de me faire assassiner par les vrais systémiciens qui crient à la réduction simpliste mais tant pis…

On voit bien des exemples de l’ignorance de cette loi : au hasard le système financier des fameux brokers…

Les systèmes les plus complexes ( pas tout à fait la même chose que “variés” mais tant pis ), conçus par les meilleurs cerveaux, sont bien sûr les systèmes spéculatifs car là il y a beaucoup d’argent à gagner.

Il est donc illusoire de croire disposer un jour ( en tout cas tant que la règle du jeu du profit rapide optimal est en place  ) d’un système de contrôle efficace puisque ce système mobiliserait des cerveaux encore plus brillants, ce qui est contraire à l’hypothèse initiale.

Et nous, DSI, avons-nous bien compris cette loi ? Quand on voit l’indigence des moyens de contrôle livrés avec les “grands “logiciels ( pas de nom mais on pense tous aux mêmes..) on comprend mieux les bugs, les performances erratiques , les difficultés d’évolution

Quand verrons-nous dans un cahier des charges : le logiciel de contrôle du logiciel doit être plus varié que le logiciel lui-même!

Encore un petit scotch ?

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Non , je n’encourage pas l’alcoolisme au retour des vacances, le scotch en question est celui du Capitaine Haddock ( spécifiquement le sparadrap ) qui ne veut pas le quitter …

Comme le chantait Dutronc “le plus difficile ..” et pourtant il n’était pas DSI ! Car se débarasser des applications est bien plus compliqué que d’en installer de nouvelles .

Alors le système d’informations de nos entreprises ressemble  de plus en plus au système juridique français : on ajoute, on ajoute, et on ne retranche rien . Entre couches géologiques et palais du facteur Cheval, pas facile de faire marcher tout ça du même pas, et bien sûr 24/7 comme on dit à la télévisison

A quand la garantie de recyclage des vieux logiciels? Le mode d’emploi de la désinstallation (les consultants parlent de décommisionnement ) des logiciels d’entreprise ?

Tiens, dans une entreprise que je connais bien, certains clients passaient encore en 2009 leurs commandes par Minitel…

En tout cas ,voici un métier d’avenir: démonteur de logiciels

Ah ! on me dit que SOA SAAS et Cloud  auraient la solution à mon problème ..enfin pour le futur, of course

Le guéridon à un pied

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Les équations de Lagrange sont formelles : un guéridon à trois pieds est très stable .Chacun sait qu’une entreprise repose aussi sur trois pieds : actionnaires, salariés, clients .

Depuis longtemps certains grands fournisseurs informatiques ( allez , on ne dénoncera pas aujourd’hui, chacun pourra penser à son fournisseur favori ) ont musclé un des trois pieds ( l’actionnariat ) au détriment des deux autres ( clients et employés ..) .Alors bien sûr le guéridon tangue ..et ça continue : licenciements , contrats de plus en plus léonins imposés à des clients plus ou moins captifs, produits de qualité approximative, refus de prendre en compte les difficultés réelles des clients en cette époque troublée..).

Au moins on préserve les marges : 25% ,28% …aucune limite, aucune raison de s’arrêter

Et pour faire quoi de tout cet argent? Une R&D qui apportera des innovations majeures ? En fait non … les grandes innovations viennent de francs-tireurs , voire de bénévoles ( le libre ) mais pas grand-chose de neuf du côté des empires ,qui préfèrent utiliser ces montagnes de cash pour ( au choix ) distribuer des dividendes exceptionnels ou racheter tout ce qui pourrait faire de l’ombre ( et stériliser la créativité du même coup..).

Bien sûr dans toutes ces grandes maneuvres, ni les clients ni les salariés ne sont à la fête.. et curieusement ,à moyen terme, les actionnaires déchantent aussi ! car faire tenir ce guéridon sur un seul pied réclame une énergie considérable… et les analystes financiers ne s’y trompent pas ..

Pour nous DSI , l’idéal serait bien sûr d’avoir en face de nous des fournisseurs équilibrés et, l’histoire des technologies le prouve,lorsque les champions en place n’y arrivent pas , et malgré les difficultés , de petits  ” barbares” débarquent..

Puisque, à force de faire tourner ce guéridon sur un seul pied, on finit par évoquer le fantôme d’Adam Smith!

De la couleur avant toute chose..

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Chrome, du grec Chroma , couleur

Donc, semble-t-il, Google se lance à l’assaut des citadelles Microsoft : après la suite bureautique, l’OS client ..

Mouais , pour l’instant Google réussit surtout à copier les plus ou moins bonnes pratiques de Microsoft : effet d’annonce, pas de contenu bien défini, pas de date précise, la routine de cette industrie du logiciel , à nulle autre pareille

Enfin de la concurrence, diront les déçus de Microsoft! Pas certain non plus car on peut être sûr que Chrome sera adapté au Cloud, en gros un super-browser supportant toutes les applications …aux standards du web!

Le problème pour les DSi est que ces applications sont encore très minoritaires dans le paquet de nouilles que constitue le plus souvent les Systèmes d’Information des grandes entreprises et qu’il faudra bien continuer avec les “vieux” machins, client lourd, mi-lourd, welter, émulation 3270, VT100, 5250 .. plus tous les programmes directement exécutés sur les PC des milliers d’employés créatifs ..

Alors , remplacer windows par chrome sera possible ..pour une partie des postes de travail , pas pour tous ..et les courageux DSi qui ont mis des années à standardiser ( le poste de travail, l’OS, le browser, la suite bureautique)..devront gérer l’hétérogénéité, ce qui fera peut-être baisser les coûts mais rend songeur sur la qualité de service global..

Quand même une petite réflexion économique favorable à Google :

Microsoft tire des marges importantes ( euphémisme ) de son business entreprise pour subeventionner d’autres business moins rentables ( en particulier le web )

Google tire des marges colossales ( marre des euphémismes ) de son activté pub ..et pett donc subventionner un business entreprise très marginal.

Les entreprises peuvent donc espérer de bonnes nouvelles de l’arrivée de ce nouveau joueur..et de ce nouveau jeu..restera à mettre tout ça en musique et ça risque de ne pas être simple..et les architectes techniques ne seront pas au chômage!

les clients d’abord!

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Première visite au nouveau siège de Microsoft France et Europe.

Superbe bâtiment, un bataillon de réceptionnistes et d’agents de sécurité,  le tout au milieu de l’immense chantier du nouvel Issy-les-Moulineaux . Visiblement beaucoup d’ambitions pour Microsoft, le premier bâtiment où regrouper toutes les équipes, accueillir dignement les clients avec centre de démos, salles de réunions…classe!

En attendant je navigue entre les pelleteuses et finis par trouver l”entrée du parking… réservé au personnel, me dit le cerbère . Ah, bon .. et pour les clients? Aucun parking public proche, essayez de vous garer par là dit le vigile en faisant en large geste du bras vers une zone boueuse….. en général ils n’embarquent pas les voitures!

Pour ceux qui connaissent, les transports en commun ne sont pas l’idéal dans cette zone.

Deux conclusions possibles à cette aventure :

La négative : Microsoft assume enfin fièrement son mépris du client en lui signifiant qu’il n’est pas le bienvenu et qu’il doit laisser les gens sérieux ( les employés de Microsoft ) entre eux, non mais!

La positive : soucieux de la santé de ses clients, et de leur bilan carbone, Microsoft veut leur permettre de se conduire en citoyens verts,le vélo étant la seule façon commode de se rendre chez eux

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